Éditorial

Bonne année quand même…

J’appelle euphorie du nouvel an cette prétention qu’une année écoulée s’en va avec son lot de problèmes, ses tracas et ses peines. Cette confiance, qui dès le matin de janvier, timidement se dessine sur les visages ; les souhaits qui fusent de partout, en veux-tu, en voilà ; le « bonjour ! comment ça va ? » qui fait place au fameux « Meilleurs vœux… Santé ! ». On se salue tout en souriant, se souhaitant succès et prospérité à tout bout de champ ; c’est le comble de l’optimisme.

Ce rituel du bonheur apparent ou de l’Espoir au grand E dure les premières semaines de janvier et s’estompe dès la troisième semaine de celui-ci avec la dèche qui l’accompagne. Hélas ! On se rend compte alors que ce n’était qu’un palliatif… éphémère en plus. Et dès lors, la réalité nous frappe en plein visage.

Mais, comme des amnésiques, on quitte l’année dans le même élan d’optimisme avec ce même espoir que l’année qui arrive sera la meilleure de toutes. Mais bon !

Il ne faut pas, par ce qui vient d’être énoncé, croire que ce discours est celui d’un tueur de rêves, encore moins le langage de ces philosophes bavards qui ne respirent que par leur science. Ce que j’appelle l’euphorie du nouvel an n’est pas un problème en soi. D’ailleurs, qu’est-ce qu’un homme sans espoir ? C’est mourir à l’avance que de vivre sans être attaché à un brin d’espérance.

Cependant, ce n’est que leurre du moins cruauté que de croire que notre situation sociale peut s’améliorer du jour au lendemain, à coup de souhaits. Et le fait est encore pire quand cet espoir qui semble nous tenir en vie nous est prodigué par ceux qui devraient s’assurer de notre bien-être ; ceux qui devraient changer notre vie d’horreur en vie de rêve. Eux-mêmes qui nous invitent à manger notre soupe au giraumont, censée être le symbole de notre indépendance…. fictive. C’est grave !

Et, tout compte fait, l’insécurité continuera de faire des siennes si rien n’est fait. L’imbroglio politique doublé de l’insécurité infernale dans lequel on se trouve se transformera en trouble apocalyptique, si aucun accord n’est assis pour gérer l’après 7 février.

Hélas, j’aurais bien aimé partager cette vaine euphorie, vous souhaiter bonheur et quiétude d’esprit, mais ma conscience s’y oppose. Néanmoins, puisque nous sommes livrés à nous-mêmes, au gré de la nature, j’implore cette dernière de nous épargner sa colère cette année. Que celle-ci soit dénuée de toute catastrophe tant naturelle que celles causées par négligence et/ou imprudence. Je vous souhaite bonne année quand même !

Mike Préval

Un amoureux de la vie, des lettres et des images…
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