Santé

Face à la dépression, même les psy ont parfois besoin d’un psy

C’est une mauvaise idée de se laisser amadouer par cette maladie dont les premiers épisodes peuvent se présenter sous une forme anodine. Lorsqu’elle est récurrente et d’intensité sévère, la dépression est un trouble mental qui peut même conduire au suicide.

Elle est tellement fragile que parfois même les professionnels qui sont là pour vous aider dans le processus de guérison peuvent en souffrir.

Parce que son rôle est d’abord de savoir écouter sans rien dire pendant des heures, analyser les situations encombrantes, repérer les troubles et pathologies, conseiller une orientation thérapeutique, certaines personnes considèrent que le psy ne peut pas être touché par la dépression, car il est censé savoir comment résoudre les problèmes. Et pourtant, comme le reste du secteur psycho-médical, les psychologues sont particulièrement vulnérables à la dépression.

« Être psychologue ne vous protège pas des séquelles émotionnelles de la vie, nous dit Cassandra Lafalaise. Alors c’est possible, et même très probable qu’un psychologue soit atteint de dépression ou d’autres troubles psychologiques », admet la psychologue.

Personne n’est à l’abri

Ruth Dormeus est psychologue-thérapeute chez MISSION OF TRUTH, une organisation internationale à but non-lucratif qui aide les enfants à s’assurer d’une bonne santé mentale. Elle nous explique, selon ses propres expériences, que l’impact de la dépression sur un Psy peut être plus grave que ce que l’on pourrait imaginer.

« À force de connaître les méthodes, cela vous met en position de vous montrer fort et de ne pas se laisser abattre, et vous vous mettez un mécanisme de défense pour ne pas trop se livrer, mais la seule option est que vous prenez conscience de votre bien-être et de votre mental comme le professionnel que vous êtes et chercher de l’aide », explique Ruth qui nous confie avoir vécu à un certain moment des épisodes dépressifs.

Dans sa famille, il lui arrive de rencontrer des personnes avec des maladies mentales, mais elle fait tout pour rester en bonne forme mentale. Même si cela implique de chercher de l’aide auprès d’autres professionnels. « Ça m’arrive d’avoir des périodes de grandes souffrances dans la vie, mais je crois à la thérapie de la parole », déclare-t-elle.

Ronald Jean-Jacques a déjà dirigé un numéro spécial de la revue haïtienne sur la dépression. Pour ce qui est de la maladie chez les psychologues, il nous explique que même si ce dernier possède certaines ressources qui pourraient l’aider à s’en sortir mieux qu’une autre personne, il n’en est pas moins vulnérable.

Ne résistez pas, cherchez de l’aide

Lorsque vous êtes dépressif, vous êtes comme dans un Sable mouvant. À chaque fois que vous essayez d’avancer par vous-même sans réfléchir ni chercher de l’aide, vous vous enfoncez beaucoup plus. La dépression n’est pas une fatalité, mais elle n’est pas non plus sans conséquence.

Elle peut entraîner une grande souffrance et altérer la vie professionnelle, scolaire et familiale de la personne touchée. Selon le professeur Ronald Jean-Jacques, la dépression est la maladie mentale la plus courante et la plus répandue sur la terre. « L’OMS estime que presque 40 sur 100 personnes malades mentalement souffrent de la dépression. Plus de 300 millions de personnes souffriraient de dépression dans le monde », informe le professeur.

En effet, il n’y a pas de formule magique qu’un psychologue puisse réciter pour combattre la dépression. Le mot d’ordre reste le même autant pour le psy que pour un individu lambda : chercher de l’aide auprès des professionnels de la santé mentale. De son côté, Béatrice Dalencour Turnier, en plus de quelques séances de thérapie dans le cadre de sa vie professionnelle, fait tout pour aller mieux.

« Je fais régulièrement des exercices physiques, spécifiquement la marche, le yoga, parfois la dance ou juste des exercices. J’ai appris à introduire les exercices de respiration dans ma routine de vie ces dernières années. J’essaie de ne pas trop me prendre au sérieux et à ne pas croire à tout ce que j’imagine quand j’ai peur ou que je suis déçue. Je ris dès que j’en ai l’occasion, je maintiens les liens sociaux et familiaux avec ceux qui m’apportent un soutien et avec qui je peux échanger, maintenir des relations agréables, et leur apporter mon soutien « , explique la psy.

Dès aujourd’hui, si vous avez des épisodes dépressifs récurrents, vous pouvez repérer les signes précurseurs d’un tel épisode. Ce repérage vous permettra de contacter un psy ou de mettre rapidement en place d’autres stratégies qui peuvent éviter l’épisode dépressif. Il est très difficile, voire impossible de trouver par soi-même la force de sortir d’une dépression. Le recours à un professionnel est donc indispensable.

Marckenley Élie

Marckenley Elie est un passionné de la lecture. Rédacteur à Rektili, il pense qu'on peut lutter contre la désinformation qui est toxique et meurtrière.
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