Société

Les mauvaises nouvelles s’accumulent

Depuis ses débuts en tant que nation, Haïti a souvent été empêtré dans des crises interminables. Ces dernières décennies, les choses ont empiré, surtout depuis quelques mois où le pays s’enlise dans une énième crise politique suite à l’assassinat de l’ex président de facto, Jovenel Moïse.

En effet entre le climat d’insécurité qui sévit dans le pays, les refugiés de la troisième circonscription, la crise sanitaire liée à la Covid-19 et la crise politique actuelle, le séisme de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter qui vient de ravager le grand sud du pays ce samedi matin, ne nous arrange en rien, sinon que raviver les souvenirs douloureux du 12 janvier 2010.

Ce samedi matin, on s’est tous réveillés en sursaut en raison du séisme qui a frappé le pays. Provoquant des morts ainsi que des dégâts matériels dans le Sud. Le tremblement de terre s’est produit vers 8 h 30 à 12 km de la ville de Saint-Louis-du-Sud, située à quelque 160 km de la capitale haïtienne, Port-au-Prince, selon les données de l’Institut américain de géophysique (USGS). L’USGS a publié une alerte rouge concernant le nombre de victimes, ce qui signifie que l’institut s’attend à un nombre élevé de morts, qui pourrait nécessiter une aide internationale.

Ce qui semblait sur le coup être anodin, s’est finalement avéré lourd de conséquence. Puisque c’est avec le cœur lourd qu’on a pu constater les dégâts causés par ce séisme. Sur des photos et vidéos amplement partagés sur les réseaux sociaux on peut constater, des maisons détruites, des citoyens aux abois pleurant toutes les larmes de leurs corps soit à causes d’un proche qui a succombé ou à cause des dégâts matériels et des corps sans vie notamment celui de Gabriel Fortuné, ancien maire des Cayes, député des Cayes et sénateur du Sud, mort dans son hôtel Le Manguier.

Autre motif d’inquiétude, la troisième circonscription, qui se trouve sous le joug des gangs armés, qui paralysent l’accès au sud du pays, on se souvient encore de cette rareté de carburant qui persiste jusqu’à aujourd’hui, occasionnée non pas par manque dans les terminaux mais à cause de cette situation d’insécurité. Il y a de quoi s’inquiéter pour les citoyens qui maintenant nécessitent de l’aide et ceci au plus vite. Lorsqu’on sait comment ces gangs règnent en maîtres et seigneurs dans l’entrée Sud de Port-au-Prince, il est légitime de se demander comment vont s’acheminer les aident vers le sud, qui est gravement touché.

Parlons des éventuelles aides internationales. Ces fameuses ONG qui pourraient débarquer, qui vont peut-être pulluler dans ce pays dans les prochains jours. Ce qui n’est en rien une bonne nouvelle, lorsqu’on connait les différents échecs des aides humanitaires dans ce pays. En effet, on parle ici d’échec mais d’échec voulu, tant par les donateurs et les receveurs (nos dirigeants). On sait tant bien que mal que ces donateurs n’agissent pas par compassion ni par désir d’aider autrui mais par intérêt, qui sont dictés par les groupes d’intérêts de leurs pays et les intérêts de leurs gouvernements. Tout n’est qu’intérêts et stratégies.

Quid de nos gouvernements ? Nos gouvernements sont caractérisés par leur nature corruptrice. Cette corruption entretenue par nos hommes politiques est l’une des raisons de notre sous-développement. A l’instar de ces « heureux » donateurs soudainement épris d’humanisme à chaque catastrophe, nos gouvernements n’agissent pas pour le bien de la majorité, comme souvent ils agissent dans leur propre intérêt en détournant, en escroquant « l’aide », laissant la population à leur propre sort. On se souvient encore du séisme du 12 janvier 2010, trente-cinq secondes de secousse ont entraîné des dégâts considérables. La réponse internationale n’avait pas tardé pour faire face aux besoins urgents des sinistrés qui représentaient plus de 15 % de la population haïtienne à l’époque. Mais cette aide substantielle bien qu’en ayant pas eu d’effet durable a aussi été détournée.

Voilà que 11 ans après, un séisme refait surface pendant que nous n’étions même pas relevés du dernier. Entre la situation sécuritaire, politique et sanitaire, le pays reçoit un énième coup en pleine face. Les citoyens continuent de subir les mauvais choix, politiques, économiques de nos dirigeants. Et les mauvaises nouvelles continuent de d’accumuler.

Djeffree Life Milfort

Étudiant en communication sociale à l'INUKA, Djeffree Life est un passionné de lecture et un défenseur farouche de la langue créole.
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